Avis mitigé 

Si je devais résumer très rapidement mon avis sur le magazine As you Like, cela serait : Bon concept, mais mauvaise application; belle forme mais un fond qui ne me correspond pas! Bon tout est dans mon titre et mon sous-titre, ce magazine me laisse perplexe. J'appartiens à la blogosphère, j'y suis complétement accro, ce périodique devrait donc me convenir mais non... Et aujourd'hui, je vais vous expliquer pourquoi.

Nota Bene: Cet article n'est pas une critique gratuite pour dire j'aime pas, faire un buzz ou simplement aller à contre courant de ce que disent les autres blogueuses. Il ne s'agit pas non plus de jalousie. Non, pas du tout.
Il s'agit de mon ressenti et d'une critique constructive envers ce magazine qui se revendique l'image de la blogosphère. J'ai acheté le premier numéro comme tout le monde par enthousiasme de voir enfin un magazine traitant de la blogosphère, mais j'ai très vite été déçue. J'ai ensuite acheté les autres numéros pour savoir comment le magazine évoluerait car après la sortie du n°1 un sondage avait été fait pour connaître le ressenti des lecteurs afin de s'améliorer. J'y avais répondu en expliquant mes interrogations (d'ailleurs un petit cadeau était prévu - un magazine de cuisine du groupe Prisma Media - pour remercier les participants au sondage, je n'ai rien reçu alors qu'Instagram m'a bien montré que d'autres l'ont reçu cet été). Bref, je voulais donner une chance à ce magazine et voir son évolution. Si pour moi il y a du mieux avec le numéro 3, je ne suis pas encore satisfaite de ce que propose As you like.

Le concept du magazine

Revenons-en à nos moutons, mais qu'est-ce que ce magazine et que propose-t-il?
As you Like est un magazine féminin appartenant au groupe Prisma Media. Il s'agit d'un trimestriel destiné aux femmes de 18 à 35 ans. Il propose les rubriques traditionnelles d'un féminin (avec la mode, la beauté, la déco, ...) mais avec la particularité de s'appuyer uniquement sur la blogosphère. Le magazine se positionne comme un dénicheur de talents, en sélectionnant le meilleurs du web (blog, Instagram, Pinterest et autres réseaux de diffusion de contenus).

Voici comment Annouchka - créatrice originale d'Hellocoton - décrit le magazine sur son blog.
"Ce magazine s’appelle AS YOU LIKE (« comme vous le souhaitez ») parce que c’est grâce à vous, les blogueuses, instagrameuses, créatrices de talent, femmes d’aujourd’hui, qu’il existe. Parce qu’il faut savoir oser, il faut savoir se faire plaisir, innover, entreprendre, inspirer. Bref, AS YOU LIKE !"


Tout d'abord, je tiens à préciser que j'aime beaucoup le concept: un magazine présentant les talents du web et des réseaux sociaux, c'est très intéressant. J'étais très enthousiaste de découvrir l'univers des blogs de manière différente, passer du web au papier. 
La forme est plutôt sympa, même si j'avoue que le rose pour un magazine féminin est un peu trop facile, mais c'est à l'image du portail Hellocoton. Alors finalement, ce n'est pas si dérangeant. Personnellement, je trouve qu'il y a une grande place donnée aux images mais on le sait tous sur la blogosphère l'image a une place primordiale. C'est un peu le coeur de la blogosphère. J'adore les calendriers au début et puis aussi les pages coloriages et les cadeaux papier. Ce sont des petits bonus biens sympas et qui en plus surfent sur une tendance du web: les printables et les freebies. Moi, j'adore ça et j'ai même un grand dossier remplis sur mon ordinateur..

J'ai quand même noté plusieurs points qui font que je n'adhère pas au magazine


Du contenu récupéré

Un contenu récupéré

Voici ce que l'on pouvait lire dans un article web du Figaro:
"Toute l'originalité de As you Like : se nourrir du web pour construire un magazine. L'idée n'est toutefois pas de «copier-coller» des contenus venus d'Internet, comme l'explique Pascale Socquet, éditrice du pôle Femmes de Prisma. «Tous nos articles sont écrits par nos journalistes, ou bien par les blogueuses, à notre demande. Elles sont alors rémunérées à la pige." article Figaro du 02 avril 2015

Pourtant dans le numéro 1, c'est ce que j'ai tout de suite reproché à l'équipe éditoriale, les copier-coller d'articles de blogs déjà existants. Au fil des pages, je reconnais les photos, les articles, les explications, les tutos, les DIY, les recettes, ... des blogueuses que je suis. Une partie des articles sont écrits par les blogueuses, mais beaucoup ne présentent pas de nouveau contenu. Je ne sais pas à qui revient la décision mais en tout cas, le constat est qu'une grande partie du magazine est une reprise de qui existe déjà sur le web. Cela va donc dans le sens contraire de ce que était expliqué dans l'article du Figaro par l'éditrice du pôle Femmes de Prisma.

Seule une partie du magazine laisse place à de la création de contenu original et exclusif comme les cartes touristiques créées par des blogueuses graphistes, la visite des intérieurs des blogueuses - j'adore ces passages du magazine car c'est le seul vrai moment de découvertes pour moi. Mais c'est très peu dans la globalité du magazine et c'est bien dommage. OUI à un magazine qui met en valeur les talents de la blogosphère; mais NON a un magazine qui nous fait payer ce qui est gratuit sur le web.

Ce reproche de copier-coller web/ papier est visible dans tous le numéro d'As you like sortis en kiosque. Dans le numéro 1, j'ai reconnu les tutoriels de Tyboudnez, les DIY de Heju, les recettes de Marie Chioca. Dans le numéro 2, les gommages de Charlotte du blog The Blue Dresse Grirl. Dans le numéro 3, ce sont les DIY de Pop and Soda que j'ai tout de suite reconnu et en particulier celui de la sangle d'appareil photo qui doit être sur ma liste des choses à réaliser depuis plus d'un an. Mais il y a en a d'autres.
Dans tous les numéros, les looks des blogueuses sont issues de leur blog avec plus ou moins d'ancienneté de publication, ce qui est dommage car les références shopping sont inutiles puisque souvent plus disponibles.

Attention, ce reproche de contenu copier-coller ne va pas aux blogueuses qui sont dans le magazine, mais à l'équipe éditoriale qui a choisit une solution de facilité en reprenant directement du contenu existant pour nous le faire payer. C'est ce qui m'a vraiment dérangé, je me suis dis que j'avais perdu 3€ pour acheter un truc que je connaissais déjà. Oui, désolé je me suis sentie un peu arnaquée sur ce coup-là. Je préférais nettement avoir accès un contenu exclusif.

Les très belles cartes des blogueuses créatives sur leur ville de coeur
 

La non représentation de la TOUTE blogosphère

L'argument des "Il y a que des grandes blogueuses" tombe à l'eau au fil des magazines. Si dans le numéro 1, il n'y avait que des stars de la blogosphère cela est moins vrai dans les deux autres périodiques édités. On peut comprendre que le magazine se repose sur une base de "grandes blogueuses", ce sont des valeurs sûres en terme de qualité de contenu et d'attrait pour le public. Au fil des numéros As you like a introduit des blogueuses moins influentes, il remplit donc de plus en plus le rôle annoncé de dénicheur de talents. Et ça c'est un bon point. J'espère que le magazine va continuer dans cette voie en mêlant blogueuses pro et petites blogueuses. 

Note: je n'aime pas trop employé les termes de "influentes", "Grandes et petites blogueuses" mais bon pour faire comprendre ce que je voulais dire, ce n'est pas trouvé d'autres façons. 

En fait ce qui me dérange, c'est qu'une très grande majorité de la blogosphère n'est pas présente dans ce magazine. Ok, le postulat de base est un magazine féminin mais la surexposition des blogs mode, beauté et créatifs le dessert plus qu'au grand chose - et dessert également l'image de la blogosphère.
En s'autoqualifiant découvreur de talents, pourquoi se priver d'une très grande parties de ceux-là. Est-ce un aveux pour l'équipe rédactionnelle que les talents se trouvent principalement dans la mode ou la beauté. C'est très réducteur et puis surtout en faisant ça, qu'est-ce qui distingue vraiment As you Like d'un autre magazine féminin?
On commence par la mode, puis la beauté, ensuite un petit tour du côté du lifestyle mais avec seulement la mise en avant des blogueuses créatives. C'est vraiment dommage de ne pas retrouver toutes les catégories qui sont présentes sur le site Hellocoton - où sont les blogueuses maman, mariage, où est l'humeur, la BD, la société, le web, la culture geek, la technologie, mais où est la Culture... En effet, il y a beaucoup de manques ou d'oublis.

Un des reproches qui est le plus revenu après la sortie du premier numéro est l'absence de la culture. Incompréhensible pour beaucoup mais également pour moi. Le tir a été très vite rectifier dès le deuxième numéro avec l'introduction de deux pages en début de magazine intitulées Culture Club. Dans le troisième numéro, la culture a eu droit à trois pages. Espérons que dans le quatrième cela soit quatre, dans le cinquième cinq, et ainsi de suite pour voir la culture monter crescendo dans le magazine. Mais bon c'est un peu léger et surtout, il n'y a pas de blogueuses pour représenter cette section. On trouve seulement un ou deux petits encarts sur des personnes à suivre. 

Pourquoi ne pas mettre en avant les blogueuses des différentes sections de la même façon. Et puis pourquoi ne pas parler de toute la blogosphère. Malheureusement au fil des numéros, ce manque ne s'est pas vraiment effacé. J'aimerais que le magazine reprenne toutes les catégories d'Hellocoton et les expose sans faire de hiérarchie. 


Les seules pages décrytage de la blogo

Le manque de décryptage/ d’introspection de la blogo

C'est un manque que j'ai ressenti dès le premier numéro. Une fois la lecture finit, je me suis dis mais quel dommage pour un magazine qui parle de la blogosphère de ne pas proposer des articles décryptages du phénomène des blogs ou même des astuces. J'imaginais trouver un peu d'introspection de la part de ce magazine. C'est beaucoup de présentation de contenus déjà existants mais peu d'analyse. 

La seule page qui avait retenue mon attention dans le premier numéro était le Décodage de la Green Mania en page 120 qui traitait de la tendance vegan sur les blogs: est-ce juste une tendance ou alors un réel changement de vision. Mais cette petite page m'avait laissée sur ma faim. La réflexion n'était pas très poussée. Personnellement, je trouve ça dommage car je sais par expérience que la blogosphère aime bien s'interroger sur son propre fonctionnement et cela même sur les blogs féminins. Il y a beaucoup de réflexions, d'analyses, de remise en questions sur la blogosphère et j'aimerais bien retrouver ça dans un tel magazine. 

Il n'y a pas non plus de dossier sur ce qu'est le bloguing, c'est un peu dommage car ce magazine aurait pu être une bonne occasion de démocratiser les blogs, de montrer au grand public ce qu'est réellement ce monde. Je m'attendais à un peu de vulgarisation grand public au sujet du bloguing et même des astuces pour les blogueuses.
A la place dans les deux premiers numéro, il y avait des pages sur des événements parisiens pour les blogueuses ou un roman-photo. Je ne pense pas que ce genre de choses soient essentielles au magazine.

Des décryptages de ce qu’est la blogosphère et des dossiers de fond sur des tendances apporteraient beaucoup plus à ce magazine. J'espère que le magazine ira dans cette direction de regard sur la blogosphère car c'est un de sujets les plus intéressants actuellement.

Toutefois, je dois reconnaître une amélioration surtout dans le numéro 3 avec l'enquête sur les Reines d'Instagram (p 130 à 134). Ce décryptage a eu droit à 3 pages et il était fort intéressant. Instagram a une place à part dans le monde de la blogosphère. C'est ce genre de dossier que je m'attendais à avoir dans le magazine. Cela est à la fois intéressant pour les blogueuses et les lecteurs hors blogo. Cela nous apprend quelque chose, décrypte un peu une tendance, remet les choses dans leur contexte et donne des astuces. J'espère voir plus de choses comme ça dans le prochain numéro.


Conclusion

Alors oui, je sais bien qu'un magazine ne peut pas être créé en fonction de mes goûts personnels. Peu importe le magazine, il ne fera jamais l’unanimité. C'est un peu comme Hellocoton en fait mais pourtant je suis plus satisfaite du portail web que du magazine papier. Je reproche au magazine des contenus copier-coller, une exclusion d'une grande partie de la blogosphère et un manque d'analyse de la blogosphère.

Finalement, je ne sais pas pour qui est fait ce magazine: le grand public pour montrer ce que l'on peut trouver sur la blogosphère ou alors pour les blogueuses elles-mêmes. Dans dans un cas comme dans l'autre, je ne trouve pas que le magazine réponde correctement à ces cibles. Pour les lecteurs hors blogo, je trouve que ce magazine n'apporte rien de plus que les féminins existants. Pour les blogueuses, je trouve le contenu pas assez représentatif et recherché, ce qui est dommage car les principales lectrices appartiennent justement à la blogo.

J'ai l'impression qu'avec la grande présence de copier-coller d'articles pré-existants sur la blogo que le magazine joue la facilité et que ce n'est que la réplique papier de l'autosatisfaction des Sélections du jour sur Hellocoton. C'est comme une reconnaissance et franchement les blogueuses présentes auraient tord de se priver d'une telle exposition. C'est à l'équipe rédactionnelle que je reproche la facilité - et non aux blogueuses. Cela donne l'impression d'avoir trouvé un filon inépuisable que l'on peut monétiser. Mais je n'aime pas ça, si le magazine proposait un contenu exclusif (ou alors en avant-première), j'aurais moins l'impression d'être prise pour un jambon. 

Je trouve que As you Like fait très catalogue et survole trop ses sujets. Il se démarque peu des autres féminins même s'il s'appuie sur le prisme de la blogosphère, ce qui est dommage car au final cela ne reflète pas l'incroyable diversité de celle-ci et toutes ses possibilités. En fait, ce n'est pas un magazine sur la blogosphère mais un catalogue payant sur du contenus des blogs. 
Je ne peux pas dire que le contenu est creux car il y a des choses fortes intéressantes. Évidemment que j'aime toujours ce que j'aimais lire sur les blog. Pour moi le contenu doit être revu pour être plus dense, plus diversifié et plus exclusif pour mieux représenter la blogosphère - toute la blogo - et être plus percutant pour les acteurs de celle-ci tout en montrant au grand public ce qu'est ce monde.

Ou alors, c'est tout simplement moi qui ait projeté mes propres envies dans ce magazine car tout était dit dans le sous-titre: le meilleur du web en version papier. C'est donc pas étonnant que le magazine prenne le chemin qu'il a pris. 

Je vais continuer à suivre l'évolution du magazine car on ne refera pas ma curiosité mais je ne pense plus l'acheter. Nan, j'irais le feuilleter en kiosque ou alors je le téléchargerai en pdf.


Et vous, quel est votre avis sur le magazine As you Like? Reconnaissez-vous la blogosphère que vous aimez? Pensez-vous qu'il y a des points à améliorer ou aimez-vous le magazine comme ça?


P s: Il s'agit d'un avis personnel.Je vous avoue avoir aussi un peu peur de publier cet article car ce n'est jamais évident d'écrire une critique. J'espère donc qu'il ne sera pas mal interprété. Je pense que l'on a chacun une vision et des attentes du bloguing, il est de toute façon de mettre tout le monde d'accord.