Loin des yeux, mais pas loin du cœur  

La relation longue distance est un sujet que je souhaite aborder depuis longtemps sur mon blog. Le brouillon est enregistré depuis mars-avril 2014. J’ai commencé à écrire cet article, puis je l’ai arrêté, je l’ai repris, re-arrêté, j’ai lu ce que d’autres avaient fait avec talent sur le sujet, j’ai réfléchi, j’avais peur que cela soit trop personnel, … Pourtant, je n’ai jamais effacé ce sujet de mes brouillons. Oui, c’est un sujet très personnel car c’est une grande partie de ma vie, si ce n’est la plus grande et la plus importante.

J'ai vécu plus souvent éloignée de Monsieur Cia qu'avec lui. Pour moi, la vie "normale", quotidienne est la séparation longue distance - ce qui n'est pas normal normalement! Pourtant, cela fait près de six ans que nous sommes ensemble et nous tenons le coup, nous avons appris à vivre avec!

Je souhaite aborder ce sujet pour aussi montrer que ces relations ne sont pas vouées à l’échec, qu’elles peuvent être belles et merveilleuses, et que l’on peut vraiment baser sa vie dessus. 

Bon, je préfère vous le dire tout de suite : mes articles humeurs sont souvent très longs et celui-ci est vraiment le plus que je n’ai jamais écrit sur le blog. Mais c’est un sujet qui me touche vraiment beaucoup car il décrit ma vie. Cet article étant vraiment très personnel, je vous demande de le respecter.


Après ma série d’articles sur mes expatriations à l’étranger pour le travail (Belgique, Canada et Italie), je me suis dit que c’était le moment idéal pour parler de ce sujet des relations longue distance. Dans mes articles Quand j’étais … ,  je suis restée positive sur mes expatriations. Je vous ai principalement parlé des découvertes et des différences positives que j’ai faites dans chaque pays où j’ai habités. J’ai passé sous silence quelques difficultés – même si j’ai parlé d’un petit problème d’intégration "anti-français" pour la Belgique. 
Mais la vérité est là, partir a aussi un revers!
Partir c’est laisser derrière soi son environnement, ses habitudes, sa famille et ses propres certitudes. Partir, c’est grandir ! Partir, c’est se découvrir ! Partir, c’est apprendre à aimer autrement !




Mon histoire 

Je vous ai déjà dit que malgré le fait que j’habite Bordeaux depuis 5 ans maintenant, je n’ai réellement été présente dans cette ville que moins de la moitié de temps, c’est-à-dire même pas 2 ans. Cela peut vous paraître assez étrange et je le reconnais. Bordeaux est donc à la fois mon chez-moi et en même temps une terre encore inconnue. J’apprends encore à découvrir cette ville alors que pourtant je suis arrivée il y a longtemps. 

Et Bordeaux est aussi pour moi le commencement de ma relation distance par intermittence. Je suis en couple depuis environ 6 ans avec Monsieur Cia que j’ai rencontré à l’université. Rien de bien étrange, beaucoup de couples naissent sur les bancs de l’école. 

Quand je l’ai rencontré, nous vivions dans la même ville mais nous n’étions pas dans la même faculté – lui en sciences et moi en histoire de l’art. J’étais dans un master qui ne me convenait pas du tout. J’ai donc pris la décision d’en changer et je suis partie trouver mon bonheur à Bordeaux. Ce n’est pas grave, beaucoup de couples d’étudiants sont séparés pour les études surtout quand le niveau augmente. En fait, je ne me suis pas vraiment sentie stressée parce que dès le départ il savait que les études et mon rêve d’exercer un métier que j’aime était très important chez moi. Cela fait partie de moi, de ma personnalité. Alors, nous avons tout simplement décidé de continuer ensemble et de voir où cela nous mènerait. Puis Bordeaux, ce n’était pas si loin du Centre de la France et après tout nos deux villes étaient sur une même ligne de train à environ 2h30 de TGV – et cette ligne de train a une très grande importance dans notre histoire.

C’est la première étape de notre relation longue distance. Puis, je lui ai proposé de vivre ensemble à Bordeaux. Moi aux études et Lui au travail. Mais un détail a tout changé dans cette vie de couple que nous imagions : la configuration de mon master en un semestre complet de cours et un autre entièrement dévolu aux stages.

Première année, premier stage loin à l’autre bout de France. C’était un stage discontinu, on m’appelait seulement quand une mission était disponible ou intéressante. J’ai donc fait de nombreux aller-retours entre Bordeaux et Lyon en train de nuit. Donc la séparation, la distance étaient minimisées. 

Une anecdote de ce stage va tout résumer de ma relation longue distance. Lors que j’ai demandé à Monsieur Cia de vivre avec moi, je n’étais pas chez moi. Je lui ai envoyé les clefs par la poste et quand il a emménagé dans notre appartement, je n’étais pas là. C’est un peu l’image que j’ai quand je pense à ma relation, je ne suis pas là parce que je travaille autre part. 

Pas un seul instant, j’ai pensé que tout cela me mènerait là où j’en suis aujourd’hui. Puis il y a le second stage encore loin dans une autre région française et pour plus longtemps. La seconde année de master, ça a été l’escalade de distance et de temps. Le stage en Belgique, le contrat de job étudiant puis à durée déterminée pour rester dans mon institut. En même temps, la proposition d’intégrer le master de rêve à Paris, et Bruxelles qui veut me garder quand même. Une chance incroyable de réaliser mon rêve professionnel. Une seule année, mais une année intense séparée entre tout. 

Donc si tu me suis toujours, tu comprends que là les choses ce sont compliquées parce que ma vie était séparée entre deux pays (mon travail en Belgique, et ma fac en France), mais divisée en quatre villes (Bruxelles pour le travail, Paris pour les études, Lille pour vivre parce que c’est entre les deux autres villes citées, et Bordeaux pour l’amour parce que mon copain avait trouvé du travail là-bas). 

Comment j’ai géré tout ça ? Avec une grande motivation, peu d’heures de sommeil et les « joies » de la SNCF et de mes 3 cartes d’abonnement différents. La moitié de mon salaire passait dans mes billets de trains mais ça en valait la peine. Par chance, Bruxelles relie Bordeaux en train en passant par Lille, Paris et même Tours pour voir maman. Tu comprends maintenant à quel point cette ligne de train a été importante et a changé ma vie. Elle a régi ma vie pendant plusieurs années.  Quand on accompli un rêve, on est près à quelques sacrifices. 

Mais ça ne s’arrête pas là. Non, encore plus de portes ce sont ouvertes pour moi. Je suis partie ensuite au Canada durant 5 mois. Là, la distance commence à être vertigineuse car on ne traverse pas l’atlantique comme on traverse la France. Je suis revenue à Bordeaux à peine trois mois pour repartir un an en Italie concrétiser un autre rêve professionnel. Oui, j’en ai beaucoup et j’espère toujours que ma place est bien là. 

Je suis rentrée en France en février 2014.  Mais depuis c’est l’homme qui est partie pour une mission de travail. Il est rentré dans notre région d’enfance pour travailler dans une compagnie qu’il aime. Qui suis-je pour lui dire de ne pas y aller ? C’est donc moi qui suis à Bordeaux et lui qui est parti. Cette fois, les rôles s’inversent !

Voici le résumé de ma relation longue distance. Tu vois que j’ai connu différentes phases : la relation quand on est à l’université, la relation quand on devient adulte, la relation loin pour le travail, …


Tu vas me dire que je t’ai beaucoup parlé de travail, de stage mais pas d’amour dans tout ça.  La raison première de mes éloignements est les opportunités de travail que j’ai eus. Des choses que quand elles vous tombent dessus peuvent tout changer. Des choses qui changent votre vie professionnelle et personnelle. Des choses que tu ne peux pas refuser. Et l’amour est bien présent dans tout cela. Il est même là avec un grand A. Si le moteur de mes choix de partir est l’envie de réaliser mes rêves professionnels, l’amour est ce qui à porter mes départs et m’a fait tenir. L’amour est là parce que Monsieur Cia m’a laissé aussi souvent que nécessaire partir alors que la distance grandissait, alors que l’éloignement se creusait. Sans amour, toute cette belle histoire quelle soit professionnelle ou personnelle n’aurait pas tenue. 

Cela peut paraître dur pour certains. Certains penseront d’ailleurs que j’ai fait passé mon travail avant ma vie de couple, que je réfléchie trop de manière professionnelle. Je répondrai NON en majuscule. Mon copain est en or et il a fait ce que toute personne devrait faire dans ces cas-là : avoir confiance et ne pas exiger égoïstement. Il a assez confiance en nous pour me laisser partir. Je sais que cela n’a pas été facile pour lui, il avait l’impression que je proposais toujours plus, toujours plus loin, toujours plus longtemps. Mais il a cette phrase qui me fait comprendre à chaque fois qu’il m’aime : "Je ne veux pas être responsable d’un de tes regrets, je ne veux pas être la personne qui brisera tes envies et tes rêves parce que je crois en toi". 

C’est donc avec cette phrase que je m’envole en missions. Je sais qu’il est heureux pour moi et fier, même si cela implique que nous soyons séparés pendant de long moments. Et je l’aime encore plus ça.




Deux étapes clefs et difficiles


Une relation longue distance, c’est un pari sur l’avenir. Nous avons commencé ce pari il y a plus de 5 ans maintenant, et nous somme toujours ensemble heureux et confiants. 

Il y a des hauts et des bas comme dans toutes relations, mais aujourd’hui nous savons que nous sommes très forts.  Oui, si nous avons survécu à tout cela, nous pouvons résister à beaucoup de choses. Les couples longues distances ont au moins cet avantage sur les autres : une solidité plus grande que les autres face aux événements de la vie.

Il y a pourtant deux moments critiques dans une relation longue distance : le moment du départ et le moment où l’on devient « adulte ». 
- Le moment du départ est critique, et vous comprenez aisément pourquoi, parce qu’il est le commencement de notre nouvelle vie que vous devez accepter. 
- Le moment où l’on devient « adulte » est une autre étape déterminante dans votre couple qu’il soit longue distance ou non d’ailleurs. Et c’est encore plus difficile à gérer avec la distance et la séparation. C’est ce moment charnière où tu prends conscience que tu es à un autre cap de ta vie et tu vois enfin la façon dont tu veux la mener. Ce moment arrive souvent entre la fin des études et le début de vie professionnelle. C’est ce moment pas facile à gérer où tu sors d’un monde pour essayer de trouver ta place dans un autre, où tu perds tes repères et que tu dois en construire de nouveaux. Cela n’arrive pas forcément directement quand tu reçois ton diplôme.
Moi, c’est arrivé quand j’ai eu mon contrat en Italie. C’est à ce moment là que j’ai réalisé que je n’appartenais plus au monde des études que j’aimais tant mais que j’avais un pied dans le monde professionnelle et que je pouvais y trouver ma place. C’est une étape clef dans sa vie, mais qui peut aussi tout changer. Quand vous êtes en couple, il est important d’être à peu près au même stade. Si l'un reste dans le domaine de l’enfance à se chercher et à se nourrir de pizzas surgelées, tandis que l’autre commence sa vie d’adulte, le clash est souvent inévitable. J’ai vu bon nombre de couples d’amis brisaient à cause de ce passage délicat, peu importe le nombre d'année de leur couple. Je dois avouer que j’ai aussi remis mon couple en question à ce moment là, que ça a été dur, qu’on a discuté, qu’on a pleuré mais que au final on en est ressorti encore plus fort.





Mes dix commandements


Aujourd’hui, je vais vous livrer quelques clefs pour réussir votre relation longue distance. C’est beaucoup plus facile qu’on ne le croit.

1. Positif, tu seras 

C’est un peu la base ! Si dès le départ, tu y vas à reculons et que tu te dis que ça ne va pas fonctionner, je ne vois pas de raisons que cela se passe bien. Alors écoutes Lorie et mets-toi en mode « positive attitude » - désolé pour cette référence horrible !

Tu n’a pas de boule de cristal, alors tu ne sais pas ce que l’avenir te réserve. C’est vrai pour les relations dites "normale" et aussi pour les relations longue distance. Donc positive et crois en toi, crois en vous.


2. Ne pas écouter les autres, tu feras

Combien de fois, j’ai entendu "mais les relations longues distances, ça marchent jamais !" ou "c’est voué à l’échec dès le départ ", ou "Moi, je pourrais pas, je suis trop fusionnel" et autres Blah, blah, blah, des conneries de personnes qui ne savent pas. Ce sont souvent des personnes qui n’ont jamais vécu ces situations qui se permettent de vous donner des conseils comme des vérités absolues.

La seule personne à m’avoir soutenu dans cette histoire est la petite maman chérie. Celle qui me disait de ne pas écouter les autres, que mes problèmes de lecture et d’orthographe ne seraient pas un frein à mes rêves, que justement je devais saisir toutes les opportunités et vivre mes rêves, que l’argent n’est pas un obstacle. C’est certainement de là que vient ma motivation – mon obstination – et ma façon de vivre en croyant que l’on peut tout faire, tout surmonter. 

Quand quelqu’un me donnait son avis sur les relations longues distance, je n’écoutais pas. Ils ne savent pas ce que je vis, ils ne connaissent pas mon couple. Être trop plein de certitudes stéréotypées ne fait jamais avancer.

D’ailleurs dans une relation dite "normale", on n’aime pas forcément que les gens s’en mêlent et donnent leur avis. Alors pourquoi devrions-nous l’accepter à partir du moment où celle-ci devient longue distance ? C’est fou ça, nan…

Alors, c’est un conseil primordial : n’écoutez pas ce qu’on dit ! Vous êtes seuls maîtres de votre relation. Oubliez les commérages …


3. Le contact, tu garderas (mais bien le faire c’est mieux !)

C’est évident nan ! On doit garder le contact. Distance ne veut pas dire « Yahooo Youpi, je fais ce que je veux et j’oublie l’autre. C’est le titre de l’article « Loin des yeux, mais pas moin du cœur ! ». Oui, le contact est primordial.

Celui-ci sera plus virtuel que physique, c’est sûr. Cela peut paraît chiant et contraignant. Mais bon rappelez-vous quand nous avez débuté votre relation et que vous ne viviez pas ensemble, vous communiquiez aussi virtuellement par téléphone, par sms, par skype ou même par msn pour les plus vieux d’entre nous.

Là, c’est un peu pareil alors on ressort ses anciens habitudes et on se remet à parler à distance. C’est plus ou moins facile selon celle-ci. Les différences de pays et de fuseaux horaires viennent compliquer la chose. Oui, il y a ce côté terre à terre qui vous rattrape. Le téléphone n’est donc pas toujours la meilleure solution parce que ça coûte cher, mais de nos jours il y a des tas de choses qui vous changent la vie : l’internet et les applications.

Vos meilleurs amis seront Skype, WhatsApp ou Viber. Je suis sûre que beaucoup connaissent ces outils. Ils sont vraiment pratiques pour garder le contact à moindre frais. Franchement, la technologie a du bon dans ces moments-là. 

C’est au point que mon ordinateur est vraiment le centre de mon attention et la chose la plus précieuse quand je suis en déplacement. Mon ordi, c’est ma vie ! 
Il est autant mon moyen de travail que mon moyen de communication. Il est vital. Et quand il est tombé malade en Italie, j’ai pleuré des nuits et des jours parce que je venais de perdre ma connexion avec mon copain et ma famille. Mais il a vite guéri et tout est revenu dans l’ordre.

Communiquer, c’est vraiment essentiel mais encore faut-il savoir le faire. Il faut trouver vôtre rythme de contact et vos propos. Oui, on peut skyper tous les jours mais pour se raconter quoi ? 
Le détail de votre journée point par point n’est peut-être la chose que votre conjoint à envie d’entendre. Surtout si vous le faites tous les jours. J’ai souvent commis cette faute. J’essayais de meubler nos conservations skype parce que je me disais que c’était bizarre de parler juste 5 minutes. Non, ce n’est pas bizarre, c’est normale parce que la personne n’est pas avec vous alors vous ne pouvez pas l’inclure dans tous votre quotidien.

Au départ, les conservations avec mon copain étaient très longues et très détaillées tous les jours jusqu’à pas d’heures. Mais ce n’est pas une bonne solution, la longueur d’une conservation n’en fait pas la qualité. 
Avec le temps, on a appris à mieux gérer et à parler de vrais choses même si on ne parle pas tous  les jours et que certaine des fois c’est seulement 10 minutes. L'important est de communiquer vos sentiments pas que vous avez mangé un sandwich.

N'oubliez jamais aussi que les conservations virtuelles sont différentes des conservations réelles. Il nous manque des informations, des intonations et des expressions pour comprendre à 100%. Il y a plus de malentendus sur skype que dans la vraie vie, et les disputes peuvent partir au quart de tour parce que vous avez mal compris un truc ou vous l'avez compris différemment. Donc restez calme et n'hésitez pas à demander des explications et des précisions. Oui, ça serait con de se faire la tête pour un mauvais smiley ou un mot à double sens.


4. Des exclusivités, tu réserveras

Cela je l’ai appris à mes dépends. A chaque fois que je partais, j’avais l’habitude de mettre beaucoup de photos sur facebook parce que l’interface pour télécharger est rapide et pratique, et que l’interaction est facile. C’était ma façon de partager mon expatriation avec les autres et de les inclure. 
Oui mais voilà mon copain lui n’aimait pas et finalement se rendait peu sur facebook pour regarder, ce qui avait tendance à m’agacer car c’était avant tout pour lui montrer que je le faisais. Mais lui me rétorquait que « non, ce n’était pas exclusivement pour lui ! ». 

Au début, je n’ai pas compris, puis j’ai fait un peu la mauvaise foi et je l’ai enfin reconnu. Oui, ce n’étais pas exclusivement pour lui parce que même si la confidentialité est réduite, elle n’était pas exclusive à lui seul. Et c’est vrai, j’aimais quand il y avait un like et un commentaire. C’était principalement ma mère et je le savais.  

Je le rendais malheureux en faisant ça alors j’ai changé. Je me suis mise à lui faire des mails avec des photos exclusives ou en avant-première. Je lui ai envoyé des cartes postales des lieux que je visitais, je lui ai écris des petits mots que j’ai envoyé à son adresse postale. C’est fou mais le numérique nous fait oublier ces petits bonheurs de la lettre ou du colis dans la boite aux lettres. Ces petites choses que l’on va garder toute sa vie. 

Et tout à changer. Cela était beaucoup mieux entre nous. Il s’est enfin senti intégré à mes expatriations. Et je dois dire que ce système de communication un peu surprise me plaisait aussi. C’est un bonheur d’imaginer la prochaine petite surprise que je vais lui faire parvenir. Lui aussi s’y est mis, j’ai reçu pas mal de colis de survie avec mes aliments préférés et des petites choses personnelles.

Continuer à avoir un monde rien qu’à vous et des moments de bonheurs communs est vraiment très important. Ce sont ces choses qui font que vous êtes ensemble malgré la distance, et non pas un statut ou une photo sur facebook.


5. Ta vie, tu mèneras

Je vais expliquer ce que j’entends par ce conseil. Il y a deux situations à ne surtout pas faire dans une relation longue distance : oublier l’autre et ne vivre que pour l’autre. 

Partir ou rester, ce n’est pas vivre sa vie tout seul et oublier qu’on est en couple. Ne plus avoir de temps pour l’autre.  Mais ce n’est pas aussi se raccrocher uniquement à son couple, faire que tout tourne autour et n’attendre que le contact. Non, il y a un justement milieu à trouver.

C’est une nouvelle façon de vivre. Cela ne doit pas vous empêcher de sortir, de découvrir, d’aller manger un morceau. Vous ne devez pas vous sentir coupable de ça et vous ne devez vous exclure automatiquement de toute invitation parce que l’autre n’est pas là. Et l'autre doit le comprendre. Le raisonnement de non-vie sous prétexte qu'on est séparé géographiquement est toxique et chaque partie du couple doit le comprendre.

Rester devant votre ordinateur ou votre téléphone toute la journée avec un paquet de mouchoir posé à côté n’aide en rien à vivre sa relation longue distance sereinement. En plus, vous n’êtes pas doté de pouvoirs magiques qui vont faire que ledit téléphone va sonner ou ledit ordinateur va recevoir un message. 

Il est essentiel de garder une vie équilibrée et joyeuse parsemée de loisirs, de rencontres et de sorties pour que votre relation fonctionne. En plus, avoir des loisirs passe le temps et  se crée à des sujets de conservations. Donc c’est tout bénef’


6. Ta tirelire, tu casseras (de temps en temps) 

Alors c’est un point sur lequel il vous faudra être conscient. Une relation à longue distance, ça coûte un peu parce c’est quand même bien de se voir physiquement. Autrement dit, il faut un peu de sous pour payer l’essence, le train ou l’avion pour aller voir l’autre. 

Moi j’ai connu toutes les situations, celles avec de l’argent où je pouvais rentrer souvent, celles sans argent où on ne sait pas vu pendant de longs moments – mois -, celles des longues heures de trains, des retards et des changements de gares, celle de la rapidité et du petit prix avec les compagnies aériennes low cost. Bref, j’ai tout fait et lui aussi ! C’est une belle preuve d’amour quand votre copain est capable de traverser la France en faisant 11 à 12 heures de voiture pour vous voir le temps d’un weekend très raccourci par les trajets.  

Sachez qu’il est très important de se voir physiquement dans une relation longue distance. Skype ça va bien, mais le réel c’est mieux. Une fois par mois, c’est vraiment bien mais bon ce n’est pas toujours possible. Essayer d’alterner aussi. Tantôt c’est l’un qui vient, tantôt c’est l’autre.
Des fois, c’est plus facile pour l’un surtout s’il travaille, mais l’autre doit aussi faire des efforts même s’ils sont plus petits et moins nombreux. Croyez moi que c’est vraiment dur quand on est stagiaire que l’on se débat avec les 450€ mensuels que l’on reçoit, si déjà on a la chance de les avoir.  

Moins de ceci, moins de cela égalent plus de sous pour les transports. Vous pouvez bien faire des économies sur la nourriture, le maquillage et les sorties enfin de vous payer un voyage avec une super destination : les bras et l’amour de votre amoureux. C’est quand même une super bonne raison d’économiser et de casser sa tirelire de temps en temps.




7. Être sûr, tu seras

C’est un peu difficile. Évaluer la sûreté de votre amour pour quelqu’un n’est pas quelque chose d’aisé. Vous savez que vous aimez mais à quel point ? Avant de décider d’une relation longue distance, vous devez être sûr de deux points :
-    Aimer votre conjoint. On ne se lance pas dans une relation comme celle-ci avec le gars rencontrait hier. Ce n’est pas le moment pour le doute existentiel de je ne sais pas trop si je l’aime. Il vous faut un minimum d’histoire « sérieuse » et au moins un Je t’aime sincère.
-    Vouloir tenter l’aventure de la distance. On peut aimer son conjoint mais être trop terrifié par la distance. Cela peut tellement nous faire peur de prendre la fuite ou alors faire du sur place tétanisé. Oui, la décision et le moment du départ sont des étapes clefs et difficiles. Mais si vous aimez vraiment, elles seront plus faciles à passer. Même si on est jamais sûr avec certitude à 100%  d’avoir envie de ça – bah oui ! Qui rêve de vouloir vivre à distance sans y être obligé – si vous avez ne serait-ce qu’un minimum envie de tenter l’aventure, alors ne vous privez pas de cette expérience par peurs
  

8. Jalousie et possession, tu exiteras 

C’est déjà vrai dans un couple dit "normal" alors avec la distance, je ne vous en parle même pas. La jalousie et la possession ne créent que de la paranoïa et des disputes. Alors bannissez-les à tout prix si vous voulez que votre couple résiste. 

C’est simple accorder votre confiance à la personne que vous aimer. Si n’est pas parce qu’elle part qu’elle va se dire tout est permis. Non « All in Vegas, Stay in Vegas ! » n’est pas la doctrine officielle de tous les gens qui vivent une relation longue distance. 

Relation longue distance ne veut pas dire ouverture et libertinage. Alors ne devenez pas parano, la distance ne change rien aux règles de votre couple.


9. De la compréhension, tu auras

Quand on est celui qui part, c’est toujours plus facile. On découvre un nouveau décor, de nouvelles habitudes, on se construit une nouvelle vie. On est sous l’euphorie de la découverte permanente. Même aller au supermarché vous enthousiasme, alors que chez vous ça vous saoule. C’est l’effet VOYAGE PERMANENT. Vous vivez tout en pensant que ça serait vraiment trop cool avec votre conjoint. Des fois, vous imaginez qu’il est là et vous faites des trucs qu’il aimerait. Bref, vous êtes perché en mode « wouahh tout est génial car c’est différent ! ». 
Mais vous ne devez pas oubliez que c’est différent pour l’autre personne, celle qui reste. Pour celle-ci, le quotidien est totalement différent. Il n’est pas ponctué de découvertes génialissimes mais de MANQUE.
Et ça c’est vraiment différent. L’autre doit réapprendre à vivre sans vous alors que tout le rappelle à vous. C’est vraiment une situation plus difficile à vivre.

La compréhension doit alors être réciproque. Il y a déjà eu compréhension quand l’un a accepté de laisser partir l’autre. C’est déjà une très belle preuve d’amour de la part de celui qui reste envers celui qui part.
Alors celui qui part et qui est dans l’euphorie du voyage doit faire preuve de compréhension en retour pour celui qui reste et son spleen – voir mal être – plus grand.  

La compréhension est vraiment une clef de la relation longue distance.


10. Des projets, tu feras 

Comme je l’ai dit, une relation à distance c’est un pari sur l’avenir parce que dans votre tête ce n’est pas une situation qui va durer. Le but est bien sûr d’être réuni un jour ou l’autre – cela prends plus ou moins de temps.  

Alors faire des projets communs pour l'après, c’est très important. Cela peut être un grand projet comme un petit projet. C’est quelque chose qui va vous aider à vous focaliser sur l’après et qui va vous faire tenir tel un objectif à atteindre. Comme vivre ensemble après vos études ou alors partir en vacance tous les deux ou une autre idée. 

Par exemple, quand je suis partie au Canada. Nous avons décidé que cela était une belle occasion de vivre des vacances incroyables à deux. Oui, ce n’est pas tous les jours qu’on traverse l’atlantique. Nous avons décidé que mon copain viendrait à la fin de mon stage et que nous prendrions deux semaines et demi pour un road trip dans la province de Québec. Cette idée de vacances et de retrouvaille m’a fait tenir plus de quatre mois sans être trop stressée par le manque physique. J’étais très heureuse de planifier nos vacances et passer mon temps dans les magasins de camping à imaginer notre escapade. On en parlait souvent sur skype. On se montrait l’avancement mutuellement. Et le jour J est arrivé. Ce sont certainement les meilleures vacances que j’ai jamais vécues ! Je les ai attendues, je les ai désirées et elles ont tous surpassé.


Se poser des objectifs, des buts communs est donc une partie essentielle pour tenir. Oui, une relation longue distance se vit plus dans l’avenir que dans le présent. Ce sont les moments de retrouvailles qui comptent plus que la vie seule.

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C'est ainsi que se termine ce très grand article sur les relations longue distance. Je pense avoir abordé tous les aspects de ces situations. C'est un vaste sujet complexe mais absolument pas difficile contrairement à ce que beaucoup de gens pensent. 

Les histoires d'amours basées sur la longue distance sont souvent les plus belles et les plus fortes.


Partir, c’est grandir ! Partir, c’est se découvrir ! Partir, c’est apprendre à aimer autrement ! Mais aimer plus fort...

C’est en vivant que vous saurez! Alors si vous aimez, lancez-vous…

 



Vous ne savez pas combien de fois j’ai pleuré en écrivant cet article. Pas par tristesse mais par amour. Cela peut semblait bête ou futile, mais cet article m’a rappelé à quel point mon couple est merveilleux et que je veux me battre pour lui. J’aime ma vie à distance et je sais qu’un jour, nous serons heureux tous les deux enfin ensemble au même endroit en même temps.